Chine et la défense du droit en tant que droit (25/12/11) : la défense du droit en tant que droit
a pris le pas en Chine sur la dissidence politique fondée sur la
défense de l'idée démocratique.
L'efficacité pratique et idéologique de cette
défense du droit explique sans doute pourquoi le régime a
réagi brutalement. En ces fêtes de Noël, n'oublions
pas Chen Wei, Chen Xi, Chen Guangcheng, Gao Zhisheng et bien sûr
Ai Weiwei et Liu Xiaobo qui sont en prison ou ont fait de la prison.

Notons
aussi l'absence de véritable solidarité de l'Occident
envers cette résistance juridique ; ce qui s'explique sans doute
par le fait que le positivisme juridique dominant en Occident ne
connaît pas le droit en tant que droit
mais seulement le droit comme normativité produite par
l'État (comme appareil de pouvoir) ou garantie par lui.
L'Europe à refonder ? (2/12/11) : Le
chef de l’Etat a proclamé sa détermination à
« refonder l’Europe »... Mais l'Europe (le "machin")
n'a jamais été fondée. Cf notre texte sur la fondation de l'Europe.
L'islamisme et la démocratie (17/10/11) - Libye - Tunisie - Egypte :
le conflit théologico politique entre foi et savoir, religion et
Etat n'est pas réglé. Les synthèses fondées
sur des séparations ou négations réciproques
issues des Lumières occidentales n'ont pas fait
disparaître ce conflit. Nul doute qu'il va ressurgir lorsque les
élections issues des révolutions arabes
démocratiques vont faire apparaître que certains courants
de pensée islamistes sont peut être majoritaires. Un
chemin devra apparaître qui ne sera pas
nécessairement celui indiqué par l'Occident. Il ne
s'ouvrira que si on commence déjà à renoncer
à certaines identifications (Islam/islamisme -
laicité/laïcisme).
Le PS et la démocratie (10/10/11) : "Pour approfondir la démocratie, nous renforcerons le rôle du parlement,
nous introduirons une dose de proportionnelle aux élections
législatives, nous accorderons le droit de vote aux étrangers aux
élections locales, nous transformerons le Conseil Constitutionnel en
une véritable Cour Constitutionnelle indépendante, nous supprimerons
leur dotation publique aux partis qui ne respecteront pas l'objectif de
la parité, et nous
imposerons une limitation du cumul des mandats". (extrait des 30 propositions du programme 2012).
La
pâleur de cette proposition et son incohérence
théorique montre bien que le PS est vraiment à
court d'idées.
- renforcer le rôle du Parlement ? Attention de ne pas
déséquilibrer un Exécutif dont la
nécessaire primauté repose avant tout sur un fait
majoritaire qui s'effrite et pourrait être remis en cause par
l'introduction d'une dose de proportionnelle. Parfum de IVème
République
- introduire
une dose de proportionnelle aux élections
législatives ? Un cadeaux aux courants politiques radicaux
et là encore un retour à la IVème
République.
- accorder
le droit de vote aux étrangers aux
élections locales ? Mais ce droit de vote existe
déjà pour les étrangers ... communautaires. Il
s'agit donc d'accorder ce droit aux étrangers hors UE.
Pourquoi ne pas le dire clairement ? Hypocrisie ou
frilosité ?
- transformer
le Conseil Constitutionnel en
une véritable Cour Constitutionnelle indépendante ? Mais
c'est déjà le cas de fait. Surtout cela n'a rien à
voir avec la démocratisation du régime. Renforcer le
gouvernement des juges se fera au détriment du gouvernement des
citoyens.
- supprimer
leur dotation publique aux partis qui ne respecteront pas l'objectif de
la parité ? Les partis politiques politiques les plus riches se
passeront de cette dotation. Quant à la parité, c'est
recourir à la discrimination positive dont les inventeurs
américains ne veulent plus. Grand retard du PS sur ce
point.
- lutter contre les conflits d’intérêt : belle parole creuse.
- imposer
une limitation du cumul des mandats ? Mais le cumul de mandats reste
necessaire. Autrement les élus nationaux seront
déconnectés du travail et des intérêts des
collectivités locales.
Tunisie, la Révolution comme fondement du nouveau corps politique (14/01/11) : le
nouveau pouvoir démocratique qui est en train de naître ne
saurait se fonder sur quelque norme constitutionnelle,
législative préexistante (ou un droit naturel ou
religieux). Il ne se fonde que sur lui-même ; ou autrement dit,
comme tout pouvoir révolutionnaire, il n'a pas de fondement.
C'est pourquoi le gouvernement actuel ne saurait avoir d'autre
statut que celui de gouvernement de fait.
Un
"nous" de l'action peut faire redémarrer le temps, créer
un pouvoir politique et affirmer son droit en partant de
lui-même ; cela sans recourir à un fondement temporel ou
spirituel (du sacré).
Hélas,
la science positiviste du droit constitutionnel ne peut rien nous dire
de la fondation du pouvoir politique. Lisez ici cet extrait d'un texte à paraître sur la nature de la fondation du pouvoir politique - à partir d'un commentaire de La vie de l'esprit de H. Arendt.
Tunisie, partenaire renforcé ("statut avancé") avec l'UE (11/01/11) : l'UE
négocie avec la Tunise de Ben Ali un partenariat
renforcé. Sur fond des manifestations actuelles
réprimées de façon sanglante, on
pourra apprécier a posteriori les déclarations des représentants de l'UE et de la Tunisie, "modèle à suivre". Lire ici.
La chambre des représentants américaine et l'oubli de la Constitution (6/01/11) : La
nouvelle majorité républicaine à la Chambre des
Représentants a décidé que la Constitution serait
lue un jour après la prestation de serment. Comme si la
Constitution avait été oubliée des
représentants... Comme si il existait une seule et stricte
interprétation... Effet du conservatisme (Cf le Tea party
movement) ? Oui. Mais aussi conséquence du succès de
l'Ecole réaliste américaime qui prétend que tout
acte d'interprétation juridique repose sur un acte de
volonté (donc est essentiellement politique).
L'interprétation est "libre" et donc nécessairement
idéologique. A chacun de choisir son camp. Voir l'article du NY Times.
Liu Xiaobo, prix nobel de la paix (10/10/10) : ENFIN, un peu de de courage et d'universalisme concret de la part des occidentaux. (Lisez I'intervention lors de son procès, Charte O8, Tian Anmen 1989 : témoignages, pétition des Anciens du PCC, lettre de soutien à Liu Xiaobo).
Le
recours "populaire" ou QPC (01/03/10) : depuis
le 1er mars, tout justiciable
peut à l'occasion d'un procès mettre en cause la
constitutionnalité d'une loi ordinaire. Cette
prérogative reste cependant très encadrée. Au fond
: la loi doit porter atteinte à ses droits et libertés.
Sur la forme : double filtre du juge saisi lors du procès et des
juridictions suprêmes. On est très loin du classique
contrôle par voie d'exception américain prévu par
Madison/Marbury (1803) qui permet au juge du procès de
décider lui-même.
Le
Conseil constitutionnel deviendra-t-il juge suprême des
libertés ? Trop tard sans doute. La Cour Européenne des
droits de l'homme a pris la place. Quelques infos supplémentaires ici et ici.
Le "facteur" constitutionnel - Irak (10/01/10) : les
analyses socio-politiques des crises politiques négligent
souvent le facteur constitutionnel ; soit le rôle des normes constitutionnelles. On ne saurait ici parler de contrainte
constitutionnelle sauf à reproduire les paralogismes de
l'École réaliste. Il convient par exemple pour ce qui
concerne la crise irakienne de prendre en compte les imperfections de
la Constitution irakienne qui empêchent tout learship du Premier ministre. Une analyse jounalistique dans ce sens.
La saisine du Conseil constitutionnel ouverte à tous (ou presque) (24/09/09) : voir le projet de loi organique adopté par l'AN : un système complexe, lourd. Vive la démocratie judiciaire !
Théocratie
/ démocratie (15/06/09) : "Nous
ferons tout sacrifice nécessaire pour préserver le
système (le régime). Nous sommes ici pour obtenir nos
droits, nous voulons seulement récupérer nos votes",
aurait déclaré Hossein Moussavi, selon son site internet
Kalameh. Malendu. Les leaders opposés au Président
sortant et à son clan au sein du clergé (les "durs"
inspirés parle Guide Suprême l'Ayatollah Ali Khamenei) ne
veulent pas la fin du régime théocratique. Ils veulent
simplement préserver (et utiliser) ce petit espace
démocratique né de l'élection
présidentielle au Suffrage Universel Direct. Mais il est évident que cet espace
génère des flux, lignes de fuites incontrôlables.
Pour autant, on ne saurait se contenter de s'en tenir à
l'habituelle et apparente antinomie
théocratie-démocratie. La démocratie a bien une
signification théologique à peine cachée ; ce qui
explique qu'elle a pu depuis 1979 être compatible avec un
système théocratique dogmatique.