Projet
de révision constitutionnelle sur la Modernisation des institutions
de la Ve République ( 24/04/08) : connsulter
le texte sur le
site web du Premier ministre et voir la
réaction des députés selon le Monde.
Une nouvelle toilette de la Constitution qui a le seul mérite
de renforcer les droits du parlement (ordre du jour, la déclaration
de l'urgence par le gouvernement, proposition de lois, imitation de
la résolution américaine sur les "pouvoirs de guerre
du gouvernement"...). Encore une réformette ; mais est-il
vraiment nécessaire d'aller plus loin en l'absence d'alternative
sérieuse au régime de la Vème République
?
Tibet-
Chine. Lire ces extraits de la Constitution chinoise (7/04/08) :

"Dans
la lutte pour la sauvegarde de l'union des nationalités, il faut
combattre le chauvinisme de grande nationalité - surtout le chauvinisme
grand Han..."
(Préambule de la Constitution).
"Toutes
les nationalités sont égales en droits en République
populaire de Chine. L'État garantit les droits et les intérêts
légitimes des minorités et nationalités, maintient
et développe les rapports entre les nationalités selon
le principe de l'égalité, de la solidarité et de
l'entraide". (...) "L'État aide les régions
des nationalités et minorités à accélérer
leur développement économique et culturel en tenant compte
de leurs particulaités et de leurs besoins". (...) "Toutes
les nationalités jouissent de la liberté d'utiliser et
de développer leur langue et leur écriture, de conserver
ou de réformer leurs usages et coutumes".
La réformette
de la Constitution (4/02/08) : où il s'agit de faire croire
à une opinion publique souverainiste que le parlement pourrait
s'opposer aux décisions des organes de l'UE ; les articles
révisés.
Le comité
de réflexion et de proposition sur .... (ou le machin qui réforme
sans réformer la Constitution) (2/11/07) : si vous voulez
lire cet indigeste et insipide rapport. Cliquez
ici.
Le Premier
ministre sous la Vème République, cet inconnu (18/10/07)
: un ouvrage de JP. Raffarin sur son expérience de PM sous
la présidence de J. Chirac témoigne que le PM n'est pas
nécessairement un exécutant fidèle, un collaborateur
occasionnel comme une certaine vision présidentialiste assez
simpliste du régime le laisse croire. Lire certains
extraits.
La discrimination
positive inconstitutionnelle ? (29/06/07) : la Cour suprême
américaine vient jeudi de revenir sur sa jurisprudence Brown
vs. Board of Education ; elle considère qu'une classification
raciale utilisée dans le cadre d'une politique éducative
visant à promouvoir une diversité d'origine dans une école,
est une "approche extrême". Si la possibilité
d'utiliser ce type de classification n'est pas déclarée
explicitement inconstitutionnelle, il reste que l'Affirmative Action
sera maintenant très difficile à mettre en uvre
aux Etats-Unis. On ne peut qu'approuver une décision qui enfin
conformément à l'universalisme des droits de l'homme fait
apparaître le caractère malsain de toute politique raciale.
Reste évidemment à préserver par des moyens "républicains"
une diversité d'origine dans les écoles et les entreprises.
Extraits
de la décision : Classifying and assigning schoolchildren
according to a binary conception of race is an extreme approach in light
of this courts precedents and the nations history of using
race in public schools, and requires more than such an amorphous end
to justify it. Articles du NYT.
Le présidentialisme,
avenir de la Vème République ? (09/06/07) : Il est
paradoxal de constater que les élections présidentielle
et législative ont conduit au renforcement de la tendance présidentialiste
du régime. Le débat sur le passage à une VIème
République "primo-ministérielle", respectueuse
des droits du Parlement a été tranché dans une
toute autre direction. Les électeurs ont approuvé en masse
le maintien, sinon le renforcement d'un leardership présidentiel
légitimé au plan parlementaire par une majorité
UMP large et disciplinée. Un «super-Élysée»
qui encadre le travail gouvernemental (lire l'article
du Monde) s'est mis en place : présence du directeur de Cabinet
du Président aux réunions interministérielle, multiplication
des conseillers techniques à l'Elysée...
Un cruel
dilemmne se pose pour tous ceux qui ont voulu le passage à la
VIème République. Cette VIème république
néo-parlementaire ne semble pas correspondre aux vux des
français. Toute cela comme si notre culture politique, nos murs
s'opposaient à la greffe parlementaire anglo-saxonne. On peut
le regretter... Mais ce n'est pas nouveau. Dès 1946, le G. de
Gaulle l'avait admis après l'échec de la IIIème
République. Il avait en conséquence conçu un régime
original, semi-présidentiel à la française ; un
régime toujours menacé d'une dérive présidentialiste.
C'est la Vème République décidément indépassable.
Election
d'un homme ou d'une marque, du nouveau Président ou du nouveau
Premier ministre ? (8/05/07). Jamais la politique ne s'est autant
voulue politique-vérité (je le dis, je le fais), jamais
elle n'a été autant dictée par le marketing ; des
candidats attrape-tout ont tenté de séduire au nom de
valeurs "authentiques" (l'ordre juste, la valeur travail...)
ou de recettes économiques et fiscales une Nation diffractée
en multiples cibles ou clientèles électorales. Le consommateur-électeur,
le citoyen-panéliste sont tombés dans le piège
du populisme de gauche et de droite réinventé et euphémisé
par les experts du politico-médiatique.
Jamais
la politique ne s'est voulue autant présidentielle (La France
présidente, le Président du "tout est posssible")
faite de symboles, de communion fervente d'un candidat avec le peuple,
grosse d'un futur radieux ; jamais elle n'a été autant
mercantile, épicière, à court terme, proposant
à chacun quelque avantage économique ou fiscal ou quelque
soulagement à sa souffrance individuelle ou de groupe, oubliant
le rapport à la Volonté générale. Il s'est
agi en réalité d'élire un Premier Ministre comptable,
de comparer des programmes de gouvernement très empiriques ;
ajoutons un peu de pathos pour faire oublier une ambition si calculée
d'où le recours à des pseudo "colères saines"
ou un appel touchant à la pure sincérité ("j'ai
changé").
Notons
ce french paradox d'une France qui rejoint le concert néo-libéral
tout en applaudissant aux valeurs les plus terriennes (drapeau, travail,
identité nationale...). La "déterritorialisation"
capitaliste a tellement besoin de territoires, de terroirs... Précisons
que la formidable participation (victoire de la démocratie, des
foules militantes Cf. Moati, pied de nez à la crise de la représentation)
n'est que pure illusion et vrai danger : écoutons Lipset, dernier
politologue : "Il n'est pas exact qu'un taux de participation élevé
joue toujours en faveur de la démocratie... Un accroissement
du pourcentage de participation peut être l'indice d'un affaiblissement
de la cohésion sociale qui entraînera la démocratie
à sa perte... ".
Que
reste- il de la VIème République ? (17/04/07). Les
différents projets de VIème République ne conduisent
au fond qu'à une dénaturation du régime de la Vème
sans déboucher sur un projet de régime véritablement
cohérent. Quelques réformes tentent de renforcer le PM
+ Parlement et d'introduire des doses de proportionnelle sans réfléchir
sur le rôle du Président. Le risque est évidemment
de permettre un retour à la IVème République.
Nous
proposons ici une critique rapide des différents programmes des
candidats Bayrou et Royal (hors Sarkozy qui propose le maintien des
institutions de la Vème République avec une pratique renouvelée):
Le
programme Royal :
Il
s'agit de créer "Cette République nouvelle (...),
ancrée sur ses traditions mais en même temps tournée
vers le futur, ancrée sur ses territoires, farouchement accrochée
à ses identités et à ses diversités, et
en même temps ayant la capacité d'inventer la France qui
se relève, alors oui, ce sera notre VIe République (...),
et c'est celle-ci que nous construirons ensemble." Une VIe République
qui s'appuiera sur "quatre piliers" : une démocratie
parlementaire, une démocratie sociale, une démocratie
participative et enfin une démocratie territoriale.
Loin de
vouloir un système "primo-ministériel", Mme
Royal ne limite d'aucune façon les pouvoirs du président
de la République. Sa "VIe République" se résume
à une série de réformes tirées du rapport
de Jean-Pierre Bel, président du groupe socialiste du Sénat
:
mandat
unique pour les parlementaires : c'est ignorer
la nécessité pour les parlementaires d'avoir un mandat
local. L'AN
ne saurait être déconnectée des réalités
et contraintes de la décentralisation.
introduction
d'une part de proportionnelle pour l'élection de 80 à
100 députés : retour à la IVème République
et introduction des partis extrêmistes à l'AN.
suppression
du vote bloqué, de l'article 49-3 et du veto du Sénat
en matière constitutionnelle : le vote bloqué et le 49-3
sont des garanties contre le retour au régime des partis et un
moyen de lutter contre l'obstruction. De plus, le gouvernement a la
seule faculté de les utiliser.
jurys citoyens : la démocratie participative qui se veut un simple
correctif à la démocratie représentative en réalité
la remet en cause profondément ; elle se fonde en effet non sur
le principe de souveraineté nationale mais sur celui de souveraineté
populaire.
référendum d'initiative populaire : l'initiative populaire
peut être facilement détournée par des partis populistes
(cf. Suisse)
intégration
d'une Charte de la laïcité : purement rhétorique.
droit
de vote aux élections locales pour les étrangers résidant
depuis plus de cinq ans : enfin une proposition concrète et courageuse.
Mais elle n'a rien à voir avec la réforme du régime.
Le
programme Bayrou :
"La
Vème République est épuisée. La concentration
des pouvoirs s'y est conjugée avec leur impuissance et leur illégitimité.
La France a le plus urgent besoin dune démocratie saine.
François Bayrou s'est donc engagé pour une VIe République,
qui reposera sur trois piliers : responsabilité des gouvernants,
légitimité des représentants du peuple, contrôle
des pouvoirs". « La République refondée sera
le lieu dune authentique séparation des pouvoirs. La VIe
République en principes : les responsables doivent exercer leurs
responsabilités ; il y a autant de légitimité parmi
les citoyens que chez ceux qui exercent le pouvoir ; le passage dune
loi en force est interdit.
==
derrière ces apparentes banalités, se cache la promotion
de l'idée de démocratie participative qui contredit, déstabilise
le principe de représentation. Un candidat non populiste devrait
plutôt affirmer qu'il y a autant de légitimité chez
les représentants que les citoyens !
Principe de responsabilité : celui qui est élu doit gouverner.
Le peuple délègue sa confiance, il a défini un
cap en se choisissant un capitaine. Cest au Président de
déterminer et de conduire la politique de la nation. Cest
au gouvernement de mettre en uvre cette politique. Le Premier
ministre doit redevenir le premier des ministres, il organise et coordonne.
Mais le chef du gouvernement est le Président, élu par
les Français pour gouverner.
==
encore des banalités ; on ne fait que proposer une réformette
de l'art. 20 plus s'adapter à la pratique de la Vème République
!
En face dun exécutif responsable, il faut un Parlement
représentatif du peuple des citoyens. Un Parlement maîtrisant
son ordre du jour, et non plus une chambre denregistrement de
la volonté du gouvernement, interdit de sexprimer sur des
sujets essentiels.
==
le Parlement ne saurait être "représentatif du peuple
et des citoyens" ! Il est bien mieux : il représente la
Nation ! Le Parlement a déjà une maîtrise partielle
de son ordre du jour décidé par la Conférence des
Présidents avec au moins une séance réservée
par priorité à l'ordre du jour de chaque Assemblée.
En pratique, le gouvernement accepte toujours de négocier le
calendrier.
Législateurs « à plein temps », les députés
auront un mandat unique. Leur mode délection (partie à
la proportionnelle, partie par circonscriptions) permettra à
lAssemblée nationale de représenter les territoires
aussi bien que les grands courants dopinion. Le Sénat exprimera
la voix des collectivités locales. Ainsi le Parlement retrouvera
ses prérogatives et redeviendra le lieu du débat, de la
conviction.
==
proposition démagogique ; il est nécessaire que les parlementaires
aient aussi un mandat local ! Cela pour que l'AN ne soint pas déconnectée
des réalités et contraintes de la décentralisation.
L'AN ne saurait "représenter des territoires " sauf
à bafouer le principe de souveraineté nationale !
Troisième pilier : le contrôle du pouvoir doit devenir
une règle permanente, garantie de transparence et déquité.
Dabord, il est essentiel que les autorités de contrôle
puissent être saisies par les citoyens. Et, pour que ces autorités
soient indépendantes et impartiales, les nominations de leurs
membres doivent être approuvées par le Parlement, à
la majorité des deux tiers , après audition publique des
candidats.
Je veux donner à la France la démocratie dont elle a besoin
pour que notre peuple puisse à nouveau décider de son
avenir, et être gouverné de façon efficace et crédible.
»
==
proposition très floue : quel contrôle, quelles autorités
de contrôle ???
Les
candidats "attrape tout" (14/03/07) : La campagne présidentielle
? Une petite campagne à l'américaine qui n'en finit pas
de désenchanter des électeurs versatiles. Ces derniers
attendaient sans doute du souffle, un projet présidentiel cohérent
et courageux. À la place, ils assistent à une course poursuite
de candidats "attrape tout" qui tentent de satisfaire à
coup de slogans et de promesses coûteuses des cibles électorales
désignées par un marketing politique très prévisible.
On comprend que les électorats vaguement séduits par ces
effets d'annonce restent très fluctuants et donc imprévisibles.
Des thèmes
essentiels comme la culture, l'Education, les institutions sont oubliés
ou traités de manière superficielle. Quant à l'Université,
la "bande des trois" lui réserve un programme commun
parfaitement conservateur : il s'agit simplement d'y investir (Royal,
Sarkozy, Bayrou) ou de faciliter les financements privés (Sarkozy),
de la décentraliser (Sarkozy, Bayrou), de tutorer les étudiants
en échec (Bayrou) ou de ne plus financer les filières
elles-mêmes sans débouchés (Sarkozy) ; rien qui
ne permettre à une Université à l'agonie, salle
d'attente avant le chômage pour des milliers d'étudiants
titulaires d'un faux Bac, lieu de formation à des savoirs de
plus en plus techniques et connectés aux besoins du marché,
de renaître !
Les
élections en Serbie (22/01/07) : La configuration électorale
serbe a peu varié. Les grandes forces politiques sont restées
relativement stables, avec la prédominance du bloc ultra-nationaliste
constitué dune branche criminelle ( SRS+SPS=34%) et dune
autre, qui se veut policée(Kostunica 16%), soit 50% du corps
électoral, et le maintien dune tendance moderniste-proeuropéene,
qui nose cependant pas rompre avec la thématique nationale
de rigueur (DS+G 17= 29,5%). Le seul fait nouveau est lentrée
au Parlement du courant anti-nationaliste et proeuropéen qui
a toujours existé en Serbie mais a été revigoré
par lémergence dun leader jeune et dynamique en la
personne de Cedomir Jovanovic, dit Ceda, qui a fondé récemment
le LDP (parti libéral-démocrate). Ses 15 députés
feront entendre à lAssemblée une autre musique que
celle du passé.
Bien quarrivé en troisième position, Vojislav Kostunica
détient la clé de toutes les combinaisons politiques.
La logique des affinités idéologiques devrait le pousser
à une alliance avec les radicaux, mais ce serait par là
perdre son auréole de "démocrate" et le soutien
de létranger. Les radicaux de leur côté, préfèrent
les avantages dune confortable opposition.
On sacheminera probablement ainsi vers la formation difficile
dune majorité verbalement démocratique et proeuropéenne
incluant le Parti démocrate de Tadic, le Parti démocratique
serbe de Kostunica et le G 17 de Dinkic, minés par leurs divergences
politiques et leurs rivalités personnelles. Cela suffira sans
doute aux dirigeants européens pour saluer le succès de
la démocratie en Serbie et continuer de ménager les autorités
de Belgrade quel soit leur refus de se conformer à leurs obligations,
notamment à légard du TPI, et de prendre acte de
la nouvelle réalité géopolitique des Balkans après
les guerres perdues de Milosevic,principalement au regard de la Bosnie-Herzégovine
ou du Kosovo.
Commentaire de l'Association
Sarajevo.
Les
deux corps du Chef de l'Etat (22/01/07) : Le projet de révision
du titre IX de la Constitution concernant le statut pénal du
chef de l'Etat propose de confirmer l'immunité temporaire du
chef de l'Etat et instaure une procédure de destitution.
Voici les modifications des articles 67 et 68 proposées:
Art 67 - "Le Président de la République n'est pas
responsable des actes accomplis en cette qualité sous réserve
des dispositions des articles 53-2 et 68".
"Il ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou
autorité administrative française, être requis de
témoigner non plus que faire l'objet d'un acte d'information,
d'instruction ou de poursuite".
"Les instances et procédures auxquelles il est ainsi fait
obstacle peuvent être reprises ou engagées contre lui à
l'expiration d'un délai d'un mois suivant la cessation des fonctions".
Art 68 - "Le Président de la République ne peut être
destitué qu'en cas de manquement à ses devoirs manifestement
incompatible avec l'exercice de son mandat. La destitution est prononcée
par le Parlement constitué en Haute Cour".
"La proposition de réunion de la Haute Cour adoptée
par une des assemblées du Parlement est aussitôt transmise
à l'autre qui se prononce dans les quinze jours".
"La décision de réunir la Haute Cour emporte empêchement
du président de la République dont les fonctions sont
exercées dans les conditions prévues au quatrième
alinéa de l'article 7. Cet empêchement prend fin au plus
tard à l'expiration du délai prévu à l'alinéa
suivant".
"La Haute Cour est présidée par le président
de l'Assemblée Nationale. Elle statue dans les deux mois, à
bulletins secrets, sur la destitution. Sa décision est d'effet
immédiat".
"Les décisions prises en application du présent article
le sont à la majorité des membres composant l'assemblée
concernée ou la Haute Cour. Seuls sont recensés les votes
favorables à la proposition de réunion de la Haute Cour
ou la destitution".
Une fois
encore, on oublie que le Président a deux corps : le corps mystique
du chef de l'Etat mais aussi son corps naturel de citoyen relevant des
lois et de la justice ordinaire pour ses activités non liées
à sa fonction. Son immunité est proposée par le
projet de révision conformément aux jurisprudences du
CC et de la Cour de Cassation. Apparaît simplement un nouveau
motif de destitution plus large et très flou : "le manquement
à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son
mandat" ; un motif de plus contraire à l'esprit du régime.
En effet, le Président devient responsable devant le Parlement
en vertu d'une procédure qui peut être utilisée
pour des motifs politiques.